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A savoir

Comment soigner un blocage sexuel ?

Un blocage sexuel peut parfois être lié à une histoire personnelle douloureuse, notamment à des agressions sexuelles, des attouchements ou des situations vécues comme menaçantes. Si tu es dans cette situation, tu n’es pas seule et ce que tu ressens a du sens : la peur, la honte ou la culpabilité peuvent laisser une empreinte durable sur la sexualité, le désir, le plaisir et la confiance dans le corps.

Dans la pratique, certaines personnes savent très bien qu’un événement passé continue d’agir sur leur vie intime, sans toujours parvenir à mettre des mots dessus. C’est justement là qu’un accompagnement spécialisé peut aider. Parmi les approches souvent utilisées, l’EMDR est une thérapie reconnue de désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, particulièrement indiquée pour travailler certains traumatismes.

L’essentiel a retenir : un blocage sexuel peut être lié à un traumatisme passé, et ce n’est ni rare ni “dans ta tête”.

  • Les agressions, attouchements ou scènes vécues comme menaçantes peuvent laisser une trace durable.
  • L’EMDR aide à retraiter le souvenir traumatique pour diminuer sa charge émotionnelle.
  • Le travail commence souvent par identifier les événements les plus perturbants.
  • Une séance ne “efface” pas le passé, mais peut réduire fortement la détresse associée.
  • Plusieurs séances sont généralement nécessaires pour obtenir un vrai changement.
  • Un thérapeute formé est essentiel pour avancer en sécurité et au bon rythme.

Pourquoi un traumatisme peut bloquer la sexualité

Quand tu as vécu une agression, un attouchement, une exposition sexuelle imposée ou même une situation très intrusive, ton cerveau peut enregistrer l’événement comme un danger. Concrètement, cela veut dire que le corps peut réagir plus tard comme si le risque était encore là : tension, évitement, anxiété, blocage du désir, difficulté à se laisser aller, douleur ou absence de sensations.

Ce mécanisme est fréquent dans les faits. Le problème n’est pas seulement le souvenir “en lui-même”, mais tout ce qu’il a déclenché à l’époque : peur, sidération, dégoût, culpabilité, impression de ne pas avoir été protégé(e), parfois même incompréhension de l’entourage. Ces émotions peuvent rester actives longtemps et perturber la vie intime.

Ce que cela change pour toi

Si tu rencontres ce problème, il est important de comprendre que ton blocage n’est pas un manque de volonté. Tu ne “forces” pas ton cerveau à oublier un traumatisme. En revanche, tu peux l’aider à retraiter ce souvenir pour qu’il cesse de s’imposer dans le présent.

Dans la majorité des cas, ce travail se fait mieux avec un professionnel formé aux psychotraumatismes. C’est ce cadre qui permet de ne pas te brusquer et de traiter les souvenirs dans un ordre utile, sans te replonger inutilement dans la détresse.

Comment se déroule un accompagnement EMDR

Si tu hésites encore, il faut savoir que l’EMDR ne consiste pas simplement à “parler du passé”. Le thérapeute t’aide d’abord à repérer les événements traumatiques ou ressentis comme tels : ce que tu as vu, entendu, subi ou compris à ce moment-là. Ensuite, il t’invite à identifier le pire instant de chaque souvenir, car ce n’est pas toujours celui qu’on imagine au départ.

Par exemple, pour une personne, le moment le plus douloureux peut être l’agression elle-même. Pour une autre, ce peut être le regard de l’agresseur, une phrase humiliante, ou encore la réaction d’un proche qui n’a pas cru à ce qui s’est passé. En pratique, cette précision compte beaucoup : c’est souvent ce “noyau” émotionnel qui entretient le blocage.

Le praticien te demande ensuite d’évaluer l’intensité de la perturbation ressentie sur une échelle de 0 à 10. Cette mesure sert de point de départ et permet de suivre les progrès séance après séance. On avance généralement d’abord sur l’événement le plus chargé émotionnellement, souvent le plus ancien quand il s’agit d’attouchements subis dans l’enfance.

Combien de séances faut-il ?

Il n’existe pas de durée standard. Dans la pratique, il faut souvent plusieurs consultations, surtout quand l’histoire comporte plusieurs traumatismes, des souvenirs fragmentés ou une forte anxiété associée à la sexualité. L’expérience montre que vouloir aller trop vite est rarement utile : mieux vaut un travail progressif, solide et sécurisé.

Une séance dure fréquemment entre une heure et une heure et demie. Selon les personnes, le changement peut être rapide sur certains souvenirs, plus lent sur d’autres. Ce que cela implique, concrètement, c’est qu’il faut accepter un rythme réaliste et ne pas attendre une transformation immédiate dès la première séance.

À quoi ressemble une séance en pratique

Pendant la séance, tu te concentres sur le souvenir ciblé pendant que le thérapeute stimule alternativement tes yeux avec des mouvements de gauche à droite. Dans certains cas, il peut aussi utiliser des tapotements alternés sur les genoux ou les mains. Cette stimulation bilatérale accompagne le retraitement du souvenir par le cerveau.

Le praticien te posera des questions simples, du type : “Qu’est-ce qui vous vient comme pensées, émotions ou sensations corporelles ?” L’idée n’est pas de te faire revivre le traumatisme à l’identique, mais de laisser émerger ce qui est encore bloqué, pour le traiter de façon progressive.

Concrètement, beaucoup de personnes décrivent au fil des séances une baisse de la charge émotionnelle : le souvenir reste présent, mais il devient moins envahissant, moins douloureux, moins déclencheur. C’est souvent ce qui permet ensuite de retrouver plus de sécurité dans la sexualité, ou au moins de reprendre contact avec son corps sans être immédiatement submergé(e).

Ce qu’il faut éviter

Il ne faut pas choisir un praticien au hasard. Un accompagnement sur un traumatisme sexuel demande une vraie compétence en psychothérapie et en psychotraumatologie. Il faut aussi éviter de te forcer à parler trop vite de tout ton passé si tu ne te sens pas prêt(e) : dans ce type de prise en charge, la sécurité et l’alliance avec le thérapeute comptent énormément.

Autre piège fréquent : attendre que “ça passe tout seul”. Dans certains cas, les symptômes s’atténuent avec le temps, mais quand le blocage s’installe, il a souvent besoin d’un traitement adapté. Plus tu restes seul(e) avec ce poids, plus il peut s’ancrer dans tes réflexes corporels et relationnels.

EMDR : ce que tu peux en attendre, et ce qu’il ne faut pas en attendre

On présente parfois l’EMDR comme une méthode miracle. En réalité, ce n’en est pas une. C’est une thérapie sérieuse, souvent efficace sur les traumatismes, mais qui ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi global si d’autres difficultés sont présentes : dépression, dissociation, anxiété sévère, douleurs sexuelles, problème de couple ou manque de sécurité relationnelle.

Ce que cela change pour toi, c’est qu’il vaut mieux avoir des attentes réalistes. L’objectif n’est pas d’effacer ton histoire, mais de faire en sorte qu’elle ne pilote plus ta vie intime. Dans les faits, beaucoup de personnes retrouvent plus de calme, moins d’anticipation anxieuse et davantage de liberté dans leur sexualité.

Si tu es concerné(e), le bon réflexe est donc de consulter un thérapeute, un médecin ou un psychologue spécialisé. Plus le professionnel est formé aux traumatismes, plus il pourra t’aider à identifier précisément la cible du traitement et à avancer sans te mettre en difficulté.

Erreurs fréquentes quand on cherche à débloquer sa sexualité

La première erreur, c’est de minimiser ce qui s’est passé. Une agression “moins grave” en apparence peut laisser des traces profondes, surtout si elle a eu lieu dans l’enfance ou si elle a été niée par l’entourage. La deuxième erreur, c’est de croire qu’il faut absolument tout raconter d’un coup : en réalité, le travail thérapeutique se construit étape par étape.

On constate aussi souvent que certaines personnes pensent que leur difficulté sexuelle vient uniquement d’un manque de désir ou d’un problème de couple. Parfois, c’est plus complexe : le corps garde la mémoire d’un danger ancien. Dans ce cas, traiter seulement les symptômes sans travailler le traumatisme risque de laisser le blocage intact.

Enfin, il faut éviter de te juger. Si ton corps se ferme, se crispe ou s’éteint, ce n’est pas une preuve d’échec. C’est souvent un signal de protection. L’objectif d’un bon accompagnement est justement de transformer cette protection automatique en sécurité retrouvée.

Quand consulter et à qui s’adresser

Si tu as des flashs, des évitements, une peur intense de l’intimité, des douleurs, un sentiment de déconnexion du corps ou une impossibilité durable à vivre la sexualité sereinement, il est recommandé de consulter. Plus tôt tu es accompagné(e), plus il est souvent simple de travailler sur les mécanismes installés.

Dans l’idéal, cherche un professionnel habitué aux traumatismes sexuels et à l’EMDR. Un médecin, un psychologue ou un psychothérapeute formé pourra t’orienter vers la bonne prise en charge. Si tu ne te sens pas en confiance après un premier échange, tu as le droit de changer : dans ce domaine, le ressenti de sécurité est essentiel.

Si tu veux aller plus loin, l’étape la plus utile consiste à prendre rendez-vous pour faire le point sur ton histoire, tes symptômes et tes attentes. C’est souvent le premier vrai pas vers un apaisement durable.

FAQ

Un blocage sexuel peut-il venir d’un traumatisme ancien ?

Oui, un blocage sexuel peut venir d’un traumatisme ancien. Une agression, des attouchements ou une situation vécue comme menaçante peuvent laisser une empreinte durable sur le désir, le plaisir et la confiance dans le corps. Dans la pratique, ces effets peuvent apparaître longtemps après les faits.

L’EMDR peut-il aider à débloquer la situation ?

Oui, l’EMDR peut aider à débloquer la situation. Cette thérapie vise à retraiter le souvenir traumatique pour diminuer sa charge émotionnelle. Elle est particulièrement utile quand le blocage sexuel est lié à un événement précis ou à plusieurs traumatismes identifiables.

Comment se déroule une séance d’EMDR ?

Une séance d’EMDR se déroule en travaillant sur un souvenir ciblé pendant que le thérapeute stimule alternativement les yeux, ou parfois par tapotements. Le praticien t’aide à observer ce qui remonte en pensées, émotions et sensations corporelles. L’objectif est de désensibiliser le souvenir sans te brusquer.

Combien de séances faut-il pour voir un changement ?

Il faut souvent plusieurs séances pour voir un changement. La durée dépend de ton histoire, du nombre de traumatismes et de l’intensité des symptômes. Dans la plupart des cas, un travail progressif est plus efficace qu’une approche trop rapide.

L’EMDR est-il une méthode miracle ?

Non, l’EMDR n’est pas une méthode miracle. C’est une thérapie sérieuse et souvent efficace, mais elle ne remplace pas un accompagnement global si d’autres difficultés sont présentes. Les résultats sont généralement meilleurs quand le suivi est adapté à ton histoire et à ton rythme.

À qui faut-il s’adresser en cas de blocage sexuel lié à un traumatisme ?

Il faut s’adresser à un thérapeute, un psychologue ou un médecin spécialisé dans les traumatismes. Un professionnel formé pourra identifier la cible du traitement et te proposer un cadre sécurisant. Si tu ne te sens pas en confiance, il est préférable de chercher un autre praticien.


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