Sylvie Degrelle, publié le 21 octobre 2015 à 10h15 — Temps de lecture :
Bonne nouvelle pour le domaine de la médecine : un site internet de financement participatif consacré à la recherche médicale vient d’être créé. Le but, aider les projets refusés car jugés non-rentables.
Si tu t’intéresses à la recherche médicale, tu te demandes sûrement pourquoi des projets prometteurs restent parfois sans financement. La réponse est simple : dans la pratique, beaucoup d’études sont écartées non pas parce qu’elles sont mauvaises, mais parce qu’elles sont jugées trop longues, trop coûteuses ou peu “rentables” pour les financeurs classiques.
C’est précisément là qu’intervient Crowdacure.com, une plateforme de financement participatif pensée pour soutenir des recherches médicales délaissées. L’idée est concrète : permettre au grand public de contribuer à des projets qui ont du potentiel, mais qui peinent à trouver des fonds auprès des circuits traditionnels.
L’essentiel a retenir : Crowdacure.com est une plateforme de dons dédiée à la recherche médicale, créée pour financer des projets refusés par les financeurs classiques.
- Elle cible surtout les recherches jugées trop risquées, trop longues ou peu rentables.
- Le premier projet concerne la sclérose en plaques et une piste virale.
- Deux autres projets portent sur les grossesses gémellaires à haut risque et les douleurs fantômes après amputation.
- Le site est ouvert à tous les chercheurs, pas seulement à la Belgique.
- Si tu es chercheur, tu peux y déposer une candidature pour chercher des financements.
Pourquoi ce type de financement existe
Dans la réalité, la recherche médicale ne dépend pas uniquement de la qualité scientifique d’un projet. Elle dépend aussi de sa capacité à attirer des financements. Et c’est souvent là que le blocage se produit.
On constate souvent que les projets les plus innovants sont aussi les plus difficiles à financer. Pourquoi ? Parce qu’ils demandent du temps, des essais complexes, des équipes spécialisées et parfois des résultats incertains à court terme. Pour un laboratoire ou un financeur privé, ce type de recherche peut sembler trop risqué.
Concrètement, cela signifie que certaines maladies, certains mécanismes biologiques ou certaines pistes thérapeutiques avancent moins vite qu’elles ne le devraient. Ce que cela change pour toi, si tu es concerné par une pathologie ou si un proche est malade, c’est que l’accès à l’innovation dépend aussi de nouvelles formes de soutien comme le financement participatif.
Comment fonctionne Crowdacure.com
Crowdacure.com repose sur un principe simple : faire appel aux dons du public pour financer des projets de recherche médicale qui n’ont pas trouvé de soutien ailleurs.
La fondatrice, Sagit Weiss, est une biologiste belge installée à Londres. Après 12 ans passés dans des laboratoires, elle a vu de nombreux projets intéressants être refusés parce qu’ils n’étaient pas jugés rentables. Dans les faits, cette expérience de terrain l’a poussée à créer une solution plus directe, plus souple et plus accessible.
Le fonctionnement est proche d’autres plateformes de crowdfunding, mais avec une différence essentielle : ici, l’objectif n’est pas de financer un produit ou une startup, mais des recherches médicales. Cela implique un enjeu humain beaucoup plus fort, avec des retombées potentielles pour les patients, les soignants et les équipes de recherche.
Ce que cela change pour les chercheurs
Si tu es chercheur et que ton projet est trop innovant, trop spécifique ou trop coûteux pour les circuits classiques, une plateforme comme celle-ci peut devenir une vraie alternative. Tu peux présenter ton projet, expliquer son intérêt médical et mobiliser une communauté autour de son financement.
Dans la pratique, cela ne remplace pas les appels à projets institutionnels. En revanche, cela peut compléter un financement partiel, lancer une étude pilote ou donner une seconde chance à une piste de recherche bloquée.
Ce que cela change pour les donateurs
Pour le grand public, la logique est différente mais tout aussi concrète : tu ne donnes pas “à une cause vague”, tu peux soutenir une recherche précise, avec un objectif identifié. C’est souvent plus rassurant, parce que tu sais à quoi sert ton don et sur quel problème médical il agit.
Les 3 premiers projets soutenus
Le site a été lancé avec trois projets déposés par des médecins londoniens, mais il reste ouvert à tous. Et c’est important, car cela montre que la plateforme n’est pas limitée à une seule zone géographique ni à une seule spécialité.
1. La sclérose en plaques
Le premier projet concerne la sclérose en plaques. Ce projet est présenté comme particulièrement intéressant parce qu’il explore une hypothèse moins classique : l’implication possible de virus dans l’origine de la maladie.
Traditionnellement, la sclérose en plaques est souvent décrite comme une maladie auto-immune. Ici, les chercheurs veulent tester une autre piste, ce qui explique pourquoi le projet a déjà eu du mal à obtenir des financements. Dans les faits, ce type de recherche est typiquement celui que les financeurs hésitent à soutenir, alors qu’il peut ouvrir des perspectives majeures.
2. Les grossesses gémellaires à haut risque de prématurité
Le deuxième projet porte sur les grossesses gémellaires à haut risque de prématurité. C’est un sujet très concret, avec un impact direct sur la santé des mères et des nouveau-nés.
Ce type de recherche est essentiel, car une grossesse gémellaire comporte souvent davantage de surveillance, plus de complications possibles et un besoin accru d’anticipation médicale. Financer ce genre de projet, c’est potentiellement améliorer la prise en charge clinique dans des situations délicates.
3. Les douleurs fantômes après amputation
Le troisième projet concerne les douleurs fantômes ressenties par les personnes amputées. Ici, la recherche s’appuie sur des travaux autour du cerveau et sur l’usage d’hologrammes.
Ce sujet est particulièrement important, car les douleurs fantômes sont souvent mal comprises par le grand public alors qu’elles peuvent être très invalidantes. Si tu es dans cette situation ou si tu connais quelqu’un qui l’est, tu sais à quel point une meilleure compréhension du cerveau peut changer la prise en charge.
Pourquoi ces projets ont du mal à être financés
Dans la majorité des cas, un projet médical est refusé pour des raisons très pragmatiques : coût élevé, durée longue, résultats incertains ou population concernée trop réduite. Ce n’est pas forcément un jugement sur la qualité scientifique.
Le problème, c’est que la recherche la plus utile n’est pas toujours la plus “vendable”. Les maladies rares, les hypothèses encore peu explorées ou les mécanismes complexes attirent souvent moins de financement, alors même qu’elles peuvent avoir un fort impact clinique.
Concrètement, cela veut dire que le financement participatif peut jouer un rôle de déclencheur. Il ne remplace pas les institutions, mais il peut débloquer une étape, maintenir une recherche en vie ou convaincre d’autres financeurs de suivre.
Comment déposer un projet ou soutenir la plateforme
Si tu es chercheur en Belgique, à la recherche de financements, tu peux déposer ta candidature sur Crowdacure.com. Mais le site n’est pas réservé à la Belgique : il est ouvert à tout le monde.
Dans la pratique, avant de déposer un projet, il est recommandé de préparer un dossier clair, compréhensible et crédible. Il faut pouvoir expliquer :
- le problème médical visé ;
- la méthode de recherche ;
- ce que les résultats pourraient apporter ;
- le budget nécessaire ;
- et pourquoi le projet mérite d’être financé maintenant.
Si tu veux soutenir un projet, la logique est la même : lis bien la présentation, regarde à quoi sert l’argent et vérifie que l’objectif est suffisamment précis. C’est ce qui permet de donner de façon plus éclairée et plus utile.
Les erreurs fréquentes à éviter
Quand on parle de financement participatif médical, certaines idées reçues reviennent souvent. La première consiste à croire que “si un projet n’est pas financé par les grands organismes, c’est qu’il n’est pas sérieux”. En réalité, ce n’est pas aussi simple. Beaucoup de projets solides sont simplement trop spécialisés ou trop ambitieux pour entrer dans les cases classiques.
Autre erreur fréquente : penser qu’un don, même modeste, n’a pas d’impact. En pratique, l’accumulation de petits soutiens peut permettre de lancer une étude, de produire des données préliminaires ou d’aller chercher ensuite des financements plus importants.
Enfin, il faut éviter de soutenir un projet sans comprendre son objectif. Plus la recherche est bien expliquée, plus elle inspire confiance. C’est aussi ce que les plateformes sérieuses doivent démontrer pour gagner en crédibilité.
Ce qu’il faut retenir si tu hésites encore
Si tu te demandes si ce type de plateforme a vraiment un intérêt, la réponse est oui, à condition de bien comprendre son rôle. Elle ne remplace pas la recherche publique ou privée, mais elle peut combler un vide réel.
Dans les faits, des projets médicaux importants restent parfois bloqués non pas faute de valeur scientifique, mais faute de rentabilité immédiate. Le financement participatif permet alors de remettre l’utilité médicale au centre.
Autrement dit, si tu es chercheur, patient, proche de patient ou simple citoyen sensible à l’innovation médicale, ce genre d’initiative peut te donner un moyen concret d’agir.
FAQ
Bonne nouvelle pour le domaine de la médecine : un site internet de financement participatif consacré à la recherche médicale vient d’être créé. Le but, aider les projets refusés car jugés non-rentables.
Oui, cette initiative répond à un vrai besoin. Elle permet de financer des recherches médicales qui peinent à trouver des soutiens classiques. En pratique, elle vise surtout les projets jugés trop longs, trop coûteux ou trop risqués par les financeurs traditionnels.
Comment fonctionne Crowdacure.com
Crowdacure.com fonctionne comme une plateforme de financement participatif dédiée à la recherche médicale. Les porteurs de projets présentent leur étude et cherchent des dons auprès du public. L’objectif est de donner une chance à des recherches qui n’auraient pas accès facilement aux financements classiques.
Quels sont les 3 premiers projets soutenus
Les trois premiers projets concernent la sclérose en plaques, les grossesses gémellaires à haut risque de prématurité et les douleurs fantômes après amputation. Ils ont été déposés par des médecins londoniens. Ces projets illustrent bien le type de recherche ciblé par la plateforme.
Pourquoi ces projets ont du mal à être financés
Ils ont du mal à être financés parce qu’ils sont souvent jugés peu rentables, trop longs ou trop coûteux. Dans la pratique, cela touche surtout les projets innovants ou très spécialisés. Le problème n’est donc pas forcément la qualité scientifique, mais la difficulté à entrer dans les critères habituels de financement.
Si vous êtes chercheur en Belgique, à la recherche de financements, vous pouvez déposer votre candidature sur le site Crowdacure.com.
Oui, si tu es chercheur en Belgique, tu peux déposer ta candidature sur Crowdacure.com. Le site n’est toutefois pas limité à la Belgique et reste ouvert à tous. Il faut simplement présenter un projet de recherche médicale clairement structuré et compréhensible.

