Sous le hashtag #LiesWeTellKids, des milliers d’internautes partagent les petits mensonges qu’ils racontent à leurs enfants pour gagner du temps, éviter un drame ou simplement survivre à la journée. Et si on rit autant, c’est parce qu’on les reconnaît tous : nourriture, douleur, sommeil, trajets interminables, Père Noël… Dans la vraie vie, ces “carabistouilles” font partie du quotidien parental. Le plus utile, ce n’est pas de les juger, mais de comprendre pourquoi on les utilise, ce qu’elles provoquent chez l’enfant et comment les remplacer quand c’est possible.
L’essentiel a retenir : les petits mensonges parentaux servent souvent à calmer, détourner, protéger ou faire patienter un enfant.
- Ils sont fréquents dans l’alimentation, la douleur, le sommeil et les trajets.
- Certains mensonges peuvent rassurer sur le moment, mais créer de la méfiance ensuite.
- Les phrases les plus risquées sont celles qui effraient ou promettent quelque chose d’impossible.
- On peut souvent remplacer le mensonge par une explication simple et honnête.
- Le bon réflexe dépend de l’âge de l’enfant et du contexte.
- Un message clair et cohérent aide l’enfant à mieux comprendre et à coopérer.
Pourquoi les parents racontent-ils ces petits mensonges ?
Si tu es parent, tu sais déjà que ces phrases ne sortent pas de nulle part. Elles naissent presque toujours d’une urgence du quotidien : faire avaler un médicament, calmer une peur, éviter une crise au supermarché, ou tenir pendant un trajet trop long. Dans les faits, on ment rarement “pour mentir”. On cherche surtout une solution rapide, simple et efficace.
Le problème, c’est que toutes les carabistouilles ne se valent pas. Certaines sont inoffensives et presque ludiques. D’autres peuvent inquiéter, brouiller la confiance ou laisser une trace durable. C’est pour ça qu’il est utile de distinguer le petit mensonge de confort, la blague familiale et la fausse information qui peut vraiment poser problème.
Ce que cela change pour toi
Concrètement, si tu comprends la fonction du mensonge, tu peux choisir une réponse plus adaptée. Parfois, tu garderas la petite astuce parce qu’elle évite un conflit inutile. Dans d’autres cas, tu feras autrement pour préserver la confiance de ton enfant. C’est là que l’équilibre se joue.
Les mensonges les plus courants dans la vie de famille
On retrouve toujours les mêmes grands classiques. Ils reviennent parce qu’ils répondent à des situations très concrètes, et parce qu’ils “marchent” souvent à court terme.
Pour faire manger, soigner ou faire patienter
“Ça a le même goût que le chocolat”, “mange ta soupe sinon tu ne grandiras pas”, “promis, ça ne fera pas mal” : ces phrases servent à obtenir l’adhésion de l’enfant quand il refuse. Sur le terrain, elles sont utilisées parce qu’elles évitent une négociation longue. Mais elles peuvent aussi créer une attente irréaliste. Si l’enfant comprend qu’on lui a menti, il peut devenir plus méfiant la prochaine fois.
Dans la pratique, mieux vaut parfois dire une vérité simple : “ce médicament n’est pas bon, mais il va t’aider à aller mieux” ou “ça peut piquer un peu, puis ça passera vite”. L’enfant n’aime pas forcément la réponse, mais il comprend mieux ce qui l’attend.
Pour gérer la peur ou l’inquiétude
Les histoires de pépins qui font pousser des pastèques, de visage qui reste bloqué ou d’animal qui part “dans une ferme lointaine” sont souvent racontées pour éviter une émotion difficile. Le souci, c’est qu’un enfant prend les choses au pied de la lettre. Si tu rencontres ce problème, retiens qu’une phrase trop imagée peut marquer davantage qu’une explication honnête.
À la place, tu peux reformuler simplement : “les pépins ne poussent pas dans le ventre”, “ton visage ne va pas rester bloqué”, “ton animal est mort, et je sais que c’est triste”. C’est plus dur à dire, mais souvent plus rassurant à long terme.
Pour gagner du temps ou garder le contrôle
“On arrive bientôt”, “vas te cacher, je compte”, “on reviendra plus tard dans ce magasin de jouets” : ces phrases servent surtout à faire redescendre la pression. Elles sont très humaines, parce qu’un parent fatigué cherche parfois juste à souffler. En pratique, elles fonctionnent mieux si elles restent ponctuelles et si tu n’en abuses pas.
Le piège, c’est la répétition. Si ton enfant comprend que “bientôt” veut dire “encore longtemps”, il cessera de te croire. Pour un trajet, par exemple, tu peux donner un repère concret : “on fait une pause après la prochaine sortie” ou “quand la musique sera finie, on sera presque arrivés”.
Les mensonges qui rassurent sur le moment, mais qui peuvent se retourner contre toi
Certains mensonges paraissent pratiques, mais ils ont un coût. Ils peuvent nourrir des peurs, créer de fausses croyances ou abîmer la relation de confiance. C’est particulièrement vrai quand l’enfant est jeune et qu’il découvre le monde en prenant les adultes au sérieux.
Le cas du Père Noël, de la petite souris et des grandes croyances
Le Père Noël, la petite souris ou les cloches font partie de l’imaginaire familial dans beaucoup de foyers. Ce n’est pas un problème en soi, tant que tout le monde joue le jeu. Ce que cela implique, en revanche, c’est qu’il faut accepter qu’un jour l’enfant pose des questions, doute ou découvre la vérité. Dans ce cas, mieux vaut accompagner la transition avec tact plutôt que de nier l’évidence.
Dans la majorité des cas, ce n’est pas la croyance elle-même qui pose problème, mais la manière dont elle est gérée. Si tu transformes l’imaginaire en menace (“le Père Noël ne passera pas si tu n’es pas sage”), tu lies la magie à la peur et au chantage. C’est là que ça devient moins sain.
Les phrases qui abîment la confiance
“Je n’ai pas de jeux dans mon téléphone” ou “tu es le meilleur, tu m’as battu” peuvent sembler anodines. Pourtant, si l’enfant s’aperçoit que tu arrang es la réalité pour éviter une discussion, il peut sentir une forme d’incohérence. L’expérience montre que les enfants repèrent très vite les contradictions, même s’ils ne les verbalisent pas toujours.
Le bon réflexe, dans ce cas, est souvent de dire une vérité simple et limitée : “oui, j’ai un jeu, mais je ne veux pas te le donner maintenant” ou “tu as gagné cette fois, bravo”. C’est plus clair, et surtout plus crédible.
Comment remplacer un mensonge par une réponse utile
Tu te demandes sûrement comment faire autrement sans déclencher une crise. En réalité, il ne s’agit pas d’être brutalement ultra-transparent. Il s’agit d’être juste assez honnête pour que l’enfant comprenne, tout en restant rassurant.
Une méthode simple en 3 étapes
1. Dis la vérité en version courte. Pas besoin d’un long discours. 2. Ajoute une raison concrète. L’enfant coopère mieux quand il comprend le “pourquoi”. 3. Donne un repère ou une alternative. C’est ce qui transforme la frustration en action.
Par exemple : “Ce n’est pas bon, mais ça va te soigner. Tu peux le prendre avec un peu d’eau.” Ou encore : “On ne peut pas acheter ce jouet aujourd’hui, mais on le note pour plus tard.” Cette façon de faire est souvent plus efficace qu’un mensonge, parce qu’elle donne un cadre clair.
Quand garder la petite fiction peut rester acceptable
Dans certaines situations, la petite histoire légère reste une solution de confort, surtout si elle est clairement ludique et sans conséquence grave. Par exemple, un jeu de cache-cache ou une formule amusante pour détourner l’attention peut aider sans tromper durablement. Ce qu’il faut éviter, ce sont les mensonges qui touchent à la santé, à la peur, à la mort ou à la sécurité.
Les erreurs fréquentes à éviter
Il y a quelques pièges classiques que les parents rencontrent souvent. Les connaître permet d’éviter de les reproduire sans s’en rendre compte.
- Faire peur pour obtenir l’obéissance : cela peut calmer sur le moment, mais créer de l’angoisse.
- Promettre quelque chose d’incertain : l’enfant retient surtout la promesse, pas les nuances.
- Multiplier les petites fausses explications : à force, la confiance s’érode.
- Utiliser le mensonge pour éviter toute frustration : l’enfant apprend moins bien à gérer le réel.
- Dire “bientôt” sans repère concret : pour un enfant, ce mot ne veut pas dire grand-chose.
Dans la pratique, le plus important est de rester cohérent. Si tu changes de version selon ta fatigue ou ton humeur, l’enfant le sent immédiatement. Et plus il grandit, plus il compare ce qu’il entend à ce qu’il observe.
Ce qu’il faut retenir si tu veux rester crédible sans être brutal
Le vrai sujet n’est pas de savoir si les parents mentent “bien” ou “mal”. Le vrai sujet, c’est de trouver la bonne dose entre protection, humour et vérité. Un enfant n’a pas besoin d’une transparence totale à tout âge, mais il a besoin d’adultes cohérents, lisibles et rassurants.
Si tu es dans une situation tendue, pose-toi une question simple : est-ce que ce que je vais dire aide mon enfant à comprendre, à se calmer ou à coopérer durablement ? Si la réponse est oui, tu es probablement sur la bonne voie. Si la réponse est non, une formulation plus honnête fera souvent mieux le travail.
FAQ
Pourquoi les parents racontent-ils des mensonges à leurs enfants ?
Les parents racontent souvent des petits mensonges pour calmer, protéger ou faire gagner du temps. Dans la pratique, ils cherchent surtout une solution rapide à une situation difficile. Le but n’est généralement pas de tromper durablement l’enfant.
Les petits mensonges aux enfants sont-ils graves ?
Pas toujours, mais certains peuvent poser problème. Une petite fiction ludique n’a pas le même impact qu’une fausse information sur la douleur, la mort ou la sécurité. Le risque augmente quand le mensonge revient souvent ou fait peur à l’enfant.
Comment dire à un enfant que quelque chose va faire mal sans mentir ?
Tu peux lui dire que ce sera peut-être désagréable, mais que ça ira vite. Cette réponse est plus honnête et souvent plus rassurante. Elle prépare l’enfant sans le tromper.
Faut-il dire la vérité sur le Père Noël ?
Il n’y a pas une seule bonne réponse pour toutes les familles. Si l’enfant croit encore à cette histoire, tu peux laisser vivre l’imaginaire tant que tout le monde joue le jeu. Quand il doute ou pose des questions, mieux vaut accompagner la transition avec douceur.
Comment éviter de mentir quand mon enfant insiste ?
Le plus efficace est de donner une réponse courte, claire et concrète. Tu peux expliquer le cadre, proposer une alternative ou donner un repère temporel simple. Plus la réponse est précise, moins tu as besoin d’inventer.
Un enfant comprend-il qu’on lui ment ?
Oui, souvent plus vite qu’on ne le pense. Même s’il ne le dit pas, il repère les incohérences et les promesses non tenues. À force, cela peut diminuer sa confiance dans la parole des adultes.

